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Résidences sociales :
un tremplin pour passer de l’hébergement d’urgence au logement pérenne

Le 17 avril dernier, la DRIHL a rassemblé, en comité, les gestionnaires de logements d’insertion (résidences sociales, foyers de jeunes travailleurs, pensions de famille) et le SIAO, qui régule les 4 679 places du contingent réservé à l’État. Le but de cette rencontre : fixer les objectifs d’entrées et de sorties et planifier la marche à suivre pour les atteindre. Présentation du dispositif des résidences sociales - qui, à lui seul, englobe 3 339 des places gérées par le SIAO - par Anna Verdier et Yosra Asmi, respectivement régulatrice et coordinatrice au Pôle Habitat.

Une chambre en résidence sociale

Au même titre que les foyers de jeunes travailleurs et les pensions de famille, les résidences sociales font partie des logements d’insertion. Mais en quoi ces résidences consistent-elles ?

Yosra Asmi : « Ce sont des résidences où l’on propose des logements – souvent des studios – disposant en général d’une cuisine et d’une salle d’eau. Elles sont destinées en priorité à des publics qui connaissent des difficultés à obtenir un logement dans le privé, généralement à cause de leur bas salaire et de l’absence de garant. »

Anna Verdier: « Les résidences sociales leur donnent accès à des logements dits "temporaires" pendant 18 mois, 24 mois, ou plus rarement 3 ans. Un travailleur social est la plupart du temps présent pour les aider à faire leurs démarches afin d’accéder à un logement social, voire, à plus long terme, à un logement dans le privé. »

Yosra Asmi : « C’est dans cet aspect de suivi que réside la différence entre la résidence sociale et le logement social. Dans le logement social, les locataires sont totalement autonomes. Il n’y a pas d’équipe de travailleurs sociaux pour les orienter et les aider dans leurs démarches administratives. »

Que se passe-t-il lorsque le contrat des personnes logées en résidences sociales arrive à son terme ?

Yosra Asmi : « À l’issue des 18 mois, 24 mois, ou 3 ans, en fonction du type de contrat, les personnes, accompagnées par leur travailleur social référent, ont multiplié les demandes pour avoir accès à un logement social, notamment par l’éligibilité au titre du Dalo par exemple (voir notre article), ou bien en mettant en avant l’évolution dans leur parcours d’hébergement et de logement au cours des dernières années. Généralement, cela leur permet d’accéder à un logement social et il n’y a quasiment aucune remise en rue. »

Quel est votre rôle sur ce dispositif ? Avez-vous des objectifs précis liés aux entrées et aux sorties ?

Anna Verdier: « Comme nous l’avons évoqué précédemment, dans les résidences sociales, les entrées sont normalement ouvertes en priorité à un public connaissant de grosses difficultés à accéder à un logement social ou dans le parc privé. L’un de nos principaux enjeux est ainsi d’assurer l’accès prioritaire à ce type de logements pour ce public spécifique : les bénéficiaires des minimas sociaux, de l’allocation adulte handicapé, ou encore les jeunes en emploi précaire (intérimaires, auto-entrepreneurs via Uber Eats, etc.) »

Yosra Asmi : « Concernant les sorties, nous travaillons quotidiennement avec nos collègues du périmètre du logement social, pour leur transmettre les alertes des profils remplissant toutes les conditions d’accès à ce type de logement : demande de logement effectuée, éligibilité au Dalo, en emploi, etc. Dans l’idéal, l’objectif est vraiment de se servir de la résidence sociale comme tremplin pour l’accès à un logement plus pérenne. Même si, dans les faits, nous avons également beaucoup de "sorties vers le bas" à gérer, lorsque les personnes perdent leur emploi ou n’ont plus assez de ressources pour payer le loyer. Nous réorientons alors ce public vers de l’hébergement, pour lui éviter une remise en rue, ce que nous parvenons à faire dans quasiment 100 % des cas. »

Qu’est-ce que la refonte du service, avec notamment la mise en place d’un SIAO unifié (Urgence et Insertion), a changé dans votre organisation sur ce sujet ? Comment opérer-vous au quotidien ?

Yosra Asmi : « Nos périmètres ont évolué et nous travaillons désormais en binôme coordinateur-régulateur (voir notre article). Étant coordinatrice, le fait d’avoir à mes côtés quelqu’un qui s’occupe des orientations, me laisse davantage de temps pour travailler avec les résidences, étudier les refus, rencontrer les partenaires, etc. Avant, je n’avais pas du tout ce temps pour entretenir et développer ces relations partenariales, pour mettre en place ces temps d’échange de qualité. »

Anna Verdier: « Cela nous permet aussi de prendre plus de temps pour soutenir et accompagner nos partenaires, notamment sur l’utilisation du nouveau logiciel SI SIAO, et pour mettre en place des process plus efficaces et cadrés. Du point de vue de notre organisation et de la collaboration avec les partenaires, nous sommes beaucoup plus fluides. »

Sur les résidences sociales, quels vont être les principaux défis à relever ces prochains mois ?

Anna Verdier: « En plus de veiller à ce que les entrées sur le dispositif soient prioritairement accordées à un public connaissant de grandes difficultés à accéder à un logement social ou dans le parc privé, nous avons également un enjeu quantitatif majeur : celui d’orienter, sur chaque logement du contingent préfectoral, une personne ayant une demande sur le SI SIAO. Quand un logement se libère, nous avons un délai de 8 jours pour adresser des candidatures. Ainsi, si la personne retenue se désiste finalement, ou que la candidature est refusée par le gestionnaire pour une quelconque raison (dossier incomplet, etc.), nous n’avons que très peu de temps pour proposer un nouveau profil et ne pas perdre le logement, qui est alors récupéré par le gestionnaire. »

Anna Verdier: « En effet, c’est vraiment le gros chantier du moment ! Avec les partenaires, nous améliorons nos process pour être plus réactifs et nous entretenons les relations pour obtenir, dans certains cas, de nouveaux délais afin d’adresser des candidatures. Encore une fois, la nouvelle organisation du SIAO nous aide car nous avons plus de temps pour réfléchir et rebondir sur les refus. Avant, lorsque le logement était perdu, nous passions à autre chose et nous n’avions pas le temps de réfléchir aux mesures correctives à mettre en place pour que cela ne se reproduise plus. En collaborant davantage et en étant au contact constant des partenaires, nous les accompagnons dans la bonne utilisation du logiciel SI SIAO. Cela nous permet de disposer d’une base de données fiable pour avoir des indicateurs concrets sur notre activité, et ainsi réguler et orienter de manière efficace. »

SUIVI D'ACTIVITÉ
MAI 2021

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