SIAO Paris

Chargé de mission santé au SIAO Paris : Portrait de Pape

Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ? 

Je suis au Samusocial de Paris depuis 2002, ça fait donc plus de vingt ans que j'y construis mon chemin, à travers des postes très différents. J'ai commencé au 115, sur des créneaux de nuit, avant de rejoindre le CHU Romain Rolland comme coordinateur de nuit. En 2010, j'ai intégré les équipes mobiles en tant que coordinateur, un rôle qui combinait management d'équipes pluridisciplinaires : chauffeurs, infirmiers, travailleurs sociaux et travail de proximité avec les partenaires : pompiers, police, hôpitaux. 

Avec la fusion du SIAO Urgence et du SIAO Insertion, j'ai pris une deuxième casquette de coordinateur des équipes du SIAO. Entre-temps, j'ai suivi une formation de coordinateur de projets en solidarité internationale, qui m'a ouvert de nouvelles perspectives. Depuis plus de deux ans maintenant, j'occupe mon poste actuel de chargé de mission santé. 

En quoi consiste ce poste au quotidien ? 

C'est un poste transversal, ce qui le rend particulièrement stimulant. La santé est une thématique qui traverse l'ensemble des missions du Samusocial de Paris : je travaille donc en lien étroit avec la direction médicale, le pôle dispositifs soins, Interface… mais développe aussi, des liens, avec de nombreux partenaires externes, notamment l’APHP, Basiliade, les EMPP, etc... 

Concrètement, mon rôle consiste à faciliter l'orientation des personnes les plus vulnérables : personnes âgées à la rue, personnes avec des problématiques de santé mentale ou un handicap physique ; vers des prises en charge adaptées à leur situation. Ces profils complexes dépassent souvent les capacités d'accompagnement des structures d'hébergement classiques. Mon travail est d’aider à trouver les bonnes solutions, en mobilisant le bon réseau au bon moment. 

Parmi les partenariats structurants que je porte, je pense notamment à la convention APHP–Samusocial de Paris, qui organise par exemple notre collaboration avec 7 maternités parisiennes pour améliorer le repérage et l'orientation des femmes enceintes sans hébergement. Au niveau du SIAO, mon rôle est d'impulser et de suivre les engagements pris en lien avec l'ensemble des professionnels concernés et en lien avec l'AP-HP. 

Je collabore également avec le GHU Paris sur les enjeux de santé mentale, avec les équipes mobiles santé précarité (EMSP) pour le public en situation de rue, et avec notre partenaire Solipam, pour les enjeux liés à la périnatalité. 

Solipam a été un partenaire de l’observatoire du Samusocial de Paris dans l'enquête Repères. 

Quels sont les principaux défis de ta mission ? 

Il y en a plusieurs. En interne, je suis un appui sur ma thématique pour les équipes du SIAO :  écoutants du 115, collègues du pôle habitat ; ce qui exige rigueur et bonne transmission de l'information. Il faut aussi veiller à travailler en complémentarité avec les collègues qui traitent déjà ces sujets, sans doublons ni chevauchements. C'est tout l'intérêt des groupes de travail que nous développons progressivement autour de la thématique santé. 

En externe, le défi est de maintenir et consolider des partenariats dans la durée car construire une relation de confiance avec un partenaire prend du temps, et la préserver en demande tout autant. 

Qu'est-ce qui te motive dans ce travail ? 

Je ne suis pas arrivé au Samusocial de Paris par hasard. J'y ai trouvé du sens dès le début, dans des missions qui touchent directement à ce qui m'importe : l'accompagnement des personnes les plus fragilisées. Mais au-delà du sens, ce qui me motive profondément, c'est la dimension collective. Construire des projets d'utilité sociale avec d'autres acteurs, internes comme externes, c'est ce qui donne toute sa valeur à ce travail.